Filière manioc: Le placali et l’attiéké de Man vendus en Guinée, au Mali et au Burkina

Filière manioc: Le placali et l’attiéké de Man vendus en Guinée, au Mali et au Burkina

jeudi, 29 décembre 2016 12:53
Filière manioc: Le placali et l’attiéké de Man vendus en Guinée, au Mali et au Burkina Crédits: DR

[29-12-2016. 13h00] Le Tonkpi ambitionne d’être le principal pôle de production et de transformation du manioc en Côte d’Ivoire.

Filière manioc: Le placali et l’attiéké de Man vendus en Guinée, au Mali et au Burkina

Depuis le 15 novembre 2015, une unité moderne de transformation du manioc appelée “Sangami” est installée au quartier Libreville-Blaucauss, dans la commune de Man. Ce, à la grande satisfaction des producteurs de cette denrée agricole. Sa principale activité est de « produire du gari, du placali et de l’attiéké ». Pour l’instant, elle se limite à la fabrication de l’attiéké en vue de sa commercialisation. 250 kg d’attiéké y sont quotidiennement produits, mis en sachets et vendus. « Un attiéké de très bonne qualité », selon les consommateurs, et pour tous les goûts: « petits, moyens et gros grains ». Il est vendu à 250 ou 300 Fcfa le sachet de 300 ou 500 g.

L’attiéké petits et moyens grains est très prisé par la population de Man, tandis que ‘’le gros grain’’ est celui que préfèrent celles du sud de la Côte d’Ivoire. Le type de manioc utilisé pour sa fabrication est le « I.A.C », à cause de sa faible teneur en eau. Le marché local conquis, l’attiéké fabriqué à Man est vendu dans les supermarchés des villes de l’intérieur du pays et de la capitale économique, Abidjan.

Depuis 2016, de plus en plus de clients revendeurs, des commerçants originaires des pays limitrophes, notamment de la Guinée, du Mali et du Burkina Faso, viennent régulièrement s’approvisionner à Man. « Nous ne regrettons pas d’avoir construit cette usine de transformation de manioc. L’attiéké n’est pas la nourriture de base des populations de l’ouest montagneux. Cependant, avec le brassage culturel, il figure de plus en plus parmi les mets consommés dans la région du Tonkpi et nous en sommes heureux. La construction de cette unité de transformation est une bouffée d’oxygène pour les paysans producteurs de manioc qui, désormais, écoulent leur production sans grande difficulté », indique Giselle Séhoué, responsable chargée de la production.

L’objectif des promoteurs de l’usine « Sangami » est de « produire, à partir de juin 2017, plus de 2 tonnes d’attiéké par jour, en transformant 3 à 4 tonnes de manioc, afin de couvrir les besoins dans le district des Montagnes et dans la sous-région ». Bâtie sur un peu moins d’un hectare, l’unité de transformation est une initiative de Gohidé Tiémoko, fils de la région, parce que soucieux « d’aider la population à s’insérer dans le tissu socio-économique et de réduire le taux de chômage des jeunes dans le Tonkpi ». L’usine emploie en permanence 60 personnes. Ce sont, en général, des jeunes, très souvent déscolarisés, et des femmes, formés au préalable, pour certains, pendant trois mois, aux techniques de fonctionnement des différents appareils.

Les principaux compartiments de l’unité « Sangami » sont : une cour de pesage de manioc située à l’entrée, un espace d’épluchage, de découpage de manioc en menus morceaux, de lavage, de broyage et de fermentation. Un magasin d’essorage, de semoulage, une aire de séchage, de tamisage, de cuisson, d’emballage et de stockage pour la commercialisation. À l’intérieur de l’unité, aucune mouche ne voltige, aucune odeur n’incommode. Les murs des différents compartiments sont peints. Les agents portent des blouses propres de couleur blanche pour les uns et bleu ciel pour les autres ainsi que des gants.

Leurs cheveux sont protégés et certains ont une bavette. Les ustensiles sont nettoyés et disposés, par endroits, les uns sur les autres. L’élément qui, de prime abord, impressionne le visiteur qui y accède pour la première fois, c’est la propreté !


Honoré Droh
Correspondant régional

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