Dagobert Banzio (PDCI-RDA): ‘‘Toute génération qui dirige doit penser à sa relève’’

Dagobert Banzio (PDCI-RDA): ‘‘Toute génération qui dirige doit penser à sa relève’’

samedi, 12 novembre 2016 15:50
Le président Dagobert Banzio Le président Dagobert Banzio Crédits: DR

Le président du Conseil régional du Cavally, membre du secrétariat exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et secrétaire général de l’Assemblée des Régions et District de Côte d’Ivoire (Ardci), Banzio Dagobert, depuis Pampelune en Espagne, aborde dans cette interview, l’actualité nationale, les questions liées au développement de sa région et la réconciliation nationale. Interview.

 

 

 

 

 

 

Dagobert Banzio (PDCI-RDA): ‘‘Toute génération qui dirige doit penser à sa relève’’

Le président du Conseil régional du Cavally, membre du secrétariat exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et secrétaire général de l’Assemblée des Régions et District de Côte d’Ivoire (Ardci), Banzio Dagobert, depuis Pampelune en Espagne, aborde dans cette interview, l’actualité nationale, les questions liées au développement de sa région et la réconciliation nationale. Interview.


La Côte d’Ivoire vient d’adopter une nouvelle constitution. Quelle lecture faites-vous de cette nouvelle loi fondamentale ?

Il faut noter que cette nouvelle Constitution résulte d’un processus consensuel. Au départ, il y a l’accord de Linas-Marcoussis et l’engagement du candidat Alassane Ouattara de réviser la Constitution. La nouvelle Loi Fondamentale a été conçue dans la sérénité et la paix puisqu’elle n’est pas provoquée par un élément exogène. Il faut donc saluer cette grandeur d’esprit du Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara.

La Nouvelle Constitution a fait de grandes avancées en matière de Gouvernance et d’anticipation pour la stabilité, la paix et le développement de notre pays : les critères d’éligibilité à la Présidence de la République, l’institution du poste de Vice-Président, la création du Sénat, l’obligation de l’Etat à transférer les ressources correspondantes aux compétences transférées aux collectivités territoriale. A cela, il faut ajouter la constitutionnalisation du statut des Rois et Chefs Traditionnels, du droit à la propriété foncière en milieu rurale des populations ivoiriennes, de l’école obligatoire.


Il est de plus en plus question d’une liste unique RHDP (Rassemblement des houphouetiste pour la démocratie et la paix) pour les législatives annoncées pour le 18 décembre 2016. Ne craignez-vous de nombreuses candidatures indépendantes qui sortiront de votre sein ?

Il serait difficile de faire autrement en tenant compte de réalités des zones. Nous devons travailler ensemble, au Nord, à l’Est, à l’Ouest, comme au sud en passant par le Centre. Le Rhdp saura choisir les meilleurs chevaux surtout que nous ne sommes pas seuls.

La montée des jeunes au PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Rassemblement démocratique africain) répond-elle à une volonté d’insuffler du sang neuf ou s’agit-il de préparer la relève ?

Toute génération qui dirige doit penser à sa relève. C’est l’exemple que le Président Ouattara nous donne. Chacun doit s’approprier cette attitude indispensable pour la continuité dans l’action de développement. Il faut éviter les ruptures.

Quelles est la situation de la mise en œuvre des réformes en vue du transfert effectif des compétences en ce qui concerne les Conseils Régionaux ?

L’État a déjà transféré seize compétences aux collectivités territoriales dans les matières ci-après :

-         L’aménagement du territoire ;

-         La planification du développement ;

-         L’urbanisme et l'habitat ;

-         Les voies de communication et les réseaux divers ;

-         Le transport ;

-         La santé, l'hygiène publique et la qualité ;

-         La protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles ;

-         La sécurité et la protection civile ;

-         L'enseignement, la recherche scientifique et la formation professionnelle et technique ;

-         L'action sociale, culturelle et de promotion humaine ;

-         Le sport et les loisirs ;

-         La promotion du développement économique et de l'emploi ;

-         La promotion du tourisme ;

-         La communication ;

-         L'hydraulique, l'assainissement et l'électrification ;

-         La promotion de la famille, de la jeunesse, de la femme, de l'enfant, des handicapés et des personnes du 3e âge.

C’est sur cette base que nous travaillons. Nos deux faitières, à savoir l’ARDCI (Assemblée des Régions et Districts de Côte d'Ivoire) et l’UVICOCI (Union des villes et communes  de Côte d’Ivoire), travaillent avec notre ministère de tutelle pour accélérer la dynamique. Il y a à la fois la question des ressources financières, des ressources matérielles et surtout humaines pour que ces compétences soient effectivement assumées.

De 10%, est ce que la part du budget des collectivités s’est améliorée par rapport au budget national ?

La part des budgets des collectivités dans les recettes propres de l’Etat (recettes fiscales et non fiscales hors dons) est relativement faible : 2.1% en 2014, 1.93% en 2015, 1.40% en 2016 et 2017.  Il y a beaucoup d’efforts à faire. C’est sans doute pour cela que le Président de la République a constitutionnalisé ce principe (voir article 174 de la Constitution).

Les District et Régions sont perçus comme un espace de développement. Comment cela se manifeste sur le terrain auprès des populations de la Région du Cavally.

Cela est réel puisque les populations posent leurs problèmes essentiellement aux collectivités territoriales qui ont la charge du développement de proximité comme le recommande le principe de subsidiarité qui régit la décentralisation.

Quelles est la situation dans le Cavally en ce qui concerne les actions de développement ?

Les premiers projets prioritaires du Conseil régional du Cavally sont les suivants:

-         Réconciliation, retour des exilés et reconstruction ;

-         Bureau de placement ;

-         Soutien aux opérations immobilières ;

-         Soutien à l’installation d’agences immobilières ;

-         Organisation de l’entretien routier ;

-         Agence de promotion touristique ;

-         Promotion de la micro-finance ;

-         Promotion d’une société de caution mutuelle ;

-         Soutien et organisation du transport ;

-         Mise en place d’une mutuelle de gestion des forêts ;

-     Cadre d’encadrement et de promotion des projets notamment agricoles : cultures de rente : Café, Cacao, Hévéa. Cultures vivrières associées : riz, maïs, banane, piment. Autres culture vivrière : manioc ;

-         Création d’une radio régionale ;

-         Création d’une télévision régionale ;

-         Mise en place d’un bulletin d’information de la Région ;

-         Soutien au développement des entreprises et des sociétés de service ;

-         Fête de l’excellence ;

-         La chefferie ;

-         Sports ;

-         Mise en place d’un magasin général ;

-         Soutien à la mise en place d’une centrale d’achat ;

-         Cellule de suivi des coûts des facteurs ;

-         Festival des « KOUI ET GLAE » (Béoua Go 2014) ;

-         Promotion des arts et cultures (Journée Hommage 2014 à Guéi jean et Guéi Victor) ;

-         Construction du siège du Conseil Régional du Cavally ;

-         Forum pour la gestion du temps et du calendrier annuel ;

-         Journées bilan-programme du CRC.

Une bonne partie de ce programme est déjà réalisée ou en cours de réalisation.

Après trois ans et cinq mois de fonctionnement effectif, le Conseil Régional du Cavally a près de cent (100) projets en portefeuille dont 41 (soit 44.6%) sont achevés et livrés. Vingt et un (21) projets sont en souffrance (22.8%). Ces derniers regroupent principalement des marchés passés par les ex-Conseils Généraux de Guiglo et Toulepleu.

 

 

Nombre de projets

Achevés

anciens

Siège

09

07

0

Département de GUIGLO

31

14

10

Département de BLOLEQUIN

21

6

4

Département de TAI

14

07

04

Département de TOULEPLEU

17

07

3

Ensemble

92

41 (44.6%)

21 (22.8%)

 

Président, seriez-vous candidat à votre propre succession ?

Pour l’heure, mon équipe et moi mettons un point d’honneur à achever nos projets. Les projets qui doivent marquer sont en cours : 500 ha d’hévéa, 500 ha de cacao, 150 ha de manioc, cinq PME (programme INIE-ARDCI) de pisciculture, de tilapias, de tomates hors sol, de laboratoire,.. sont en cours. C’est à l’aune de tout cela que la population appréciera.

Comment se porte le processus de réconciliation dans la région du Cavally qui a payé un lourd tribut lors des crises successives qu’a connu la Côte d’Ivoire ?

Le calme est revenu. Entre nos frères et nous, il n’y avait pas de problèmes. Nous les accueillons sans esprit de revanche. Car contrairement à ce qui est diffusé, c’est nous (du PDCI-RDA, UDPCI et en général RHDP), qui avons été pillés dont les maisons ont été détruites…

Quelle est la situation concernant le retour des réfugiés ivoiriens du Liberia ?

 Ils reviennent librement. Surtout qu’il est préférable pour chacun d’être chez soi. Ils sont bien accueillis même ceux qui sont connus pour leurs actes n’ont pas été inquiétés. Même si nous savons que l’impunité est dangereuse car elle ne dissuade pas pour l’avenir.

Interview réalisée par E-mail par CHEICKNA D. Salif


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Écrit par  Cheickna Dabou
Lire 3261 times Dernière modification le samedi, 12 novembre 2016 16:11