Enquête Express: Regain d’intérêt dans le secteur de la construction à Bonoua

Enquête Express: Regain d’intérêt dans le secteur de la construction à Bonoua

mercredi, 13 juillet 2016 10:31
ENQUÊTE EXPRESS : Regain d’intérêt dans le secteur de la construction à Bonoua ENQUÊTE EXPRESS : Regain d’intérêt dans le secteur de la construction à Bonoua Crédits: Archives ( DR)

En dépit des temps qui entend-on ici et là sont « durs », le secteur de la construction n’a jamais connu un tel regain de vitalité dans la cité du Popo Carnaval. La ruée vers le bâtiment dans la ville et localités périphériques a créée de nouvelles habitudes, impulsé de nouvelles attitudes de vente et d’achat.

En effet, en l’espace de cinq ans, soit depuis la crise post-électorale qui a vu affluer dans la localité de nombreux concitoyens, majoritairement en provenance d’Abidjan, les prix des terrains urbains ont pris l’ascenseur. Il en est de même des prix des loyers. Prenant en compte la forte demande, les nouveaux lotissements, à la différence des premiers, qui variaient entre 1000 et 1200m2, ont été revus à 600 voire 500m2.

De nouveaux lotissements qui s’avèrent insuffisants face à la pression pour l’obtention des lots. De 100 000FCFA jusqu’en 2000, 2002 et 2003 pour le prix d’un terrain de  1000 ou 1200m2, on est passé successivement et rapidement à 300 000FCFA, 500 000FCFA pour aujourd’hui franchir la barre du million et demi voire deux millions pour les 600m2. La rareté des terrains dans le périmètre communal a ouvert la voie des localités environnantes. Ainsi les bourgades de Samo, Larabia, Assé, Abrobakro et Médina accueillent de nouveaux et nombreux acquéreurs qui y ont bâti, ou bâtissent chaque jour des habitations modestes, de moyen ou grand standing.

Le nouveau business des terrains et de la construction à Bonoua a donné naissance bien malheureusement, comme c’est souvent le cas, à une nouvelle race d’hommes d’affaires, d’entrepreneurs et d’intermédiaires profiteurs et véreux qui abusent régulièrement et sans état d’âme de la confiance, du désarroi ou de la naïveté de certains demandeurs. C’est selon. Est aussi en plein essor, le secteur des petits métiers liés à la construction. Il s’agit de la maçonnerie, de la charpenterie, des métiers d’ électricien, de menuisier, peintre, quincaillers et autres briquetiers qui squattent à tous les carrefours les petits espaces non occupés pour y confectionner leurs briques destinées à la vente.

Guindo Shaibou est l’un de ces nouveaux acteurs du secteur qui exerce son activité de briquetier dans le nouveau quartier du secteur « Jésus Marie ». Non loin de cet établissement secondaire qui a donné son nom au quartier, il confectionne et vend des briques. Un deuxième espace qu’il a ouvert, dit-il, au mois de février. Cela, pour, justifie-t-il « satisfaire les nouveaux » clients de ce quartier en pleine construction. Avec la commercialisation de ses briques ‘10’,’12’ et ‘15’, il dit s’en sortir pour assurer ses besoins essentiels et investir.

A preuve, les bénéfices tirés de son activité luiont permis de s’acheter un terrain qu’il est, selon ses propres termes, « en train de construire petit à petit ». Dans un autre registre mais mues par les mêmes intérêts, les agences immobilières bien structurées ou de fortune foisonnent elles aussi dans ces nouveaux espaces. Elles naissent et proposent leurs services aux nombreux demandeurs. Au carrefour du quartier « Château », officie l’agence « Providence », créée au mois de mars par M. Allouan Jérôme. En l’absence de l’initiateur du projet, c’est son homme de terrain, le démarcheur, qui a présenté les activités de la structure.

Elles vont des propositions de vente de terrains urbains ou villageois à la location ou achat de patrimoines forestiers dans la sous préfecture. Elle offre aussi des propositions de location d’appartements dans la ville, notamment dans le nouveau quartier. Le jeune agent commercial Amokou Ebia Bernard, sorti du système scolaire à partir de la classe de quatrième, sillonne les quartiers et y démarche à la recherche de nouvelles constructions partiellement ou entièrement achevées pour la maison.

Avec une rémunération mensuelle fixe de 40 000 francs CFA, il dit s’en sortir quand cela est bonifié par les commissions perçues au pro rata des marchés qu’il trouve pour la structure. Quant à dame Tailly Hortense, institutrice à la retraite, propriétaire d’une quincaillerie dans les environs de l’église « Foursquare », dans le nouveau quartier de Begnery extension 2, la rude concurrence à laquelle elle fait face depuis une année ne l’invite pas à l’enthousiasme. Puisque, se lamente-t-elle, « il y a quatre ans, lorsque j’ouvrais mon magasin, j’étais la seule quincaillerie ici. Aujourd’hui, vérifiez vous-mêmes sur le long de la voie principale depuis le carrefour, vous avezun magasin à chaque 100 ou 200 mètres ».Toutefois avec l’afflux des nouveaux habitants, l’institutrice  retraitée espère que les choses iront mieux dans un avenir proche.

L’extension rapide de la ville, a imposé de nouveaux défis aux autorités municipales en matière d’équipements essentiels dans les nouveaux quartiers de la commune. Parce que, faut-il le reconnaitre, en dépit des efforts récemment consentis par la mairie en matière d’adduction en eau potable dans les quartiers résidentiel et Begnery extension 1 et 2, d’énormes investissements restent à faire toujours dans les domaines de l’eau et de l’électricité. Une situation plus que pénible, d’accès à l’eau potable surtout dans le secteur de la chapelle « La Divine Providence » qui soumet les riverains d’ici à des corvées quotidiennes d’eau. Un scénario presque paradoxal pour la cité dont le sous sol fournit des milliers de mètres cubes annuels d’eau à la capitale.

En dépit de ces difficultés, la ruée vers les terrains continuent tant et si bien que le projet de prolongement de l’autoroute jusqu’à la frontière Ghanéenne les prochaines années, donne de nouvelles idées d’investissement tous azimuts aux hommes d’affaires avisés qui savent flairer le business à mille lieues. On pourrait dire que même quand la situation semble difficile, le bâtiment ne se porte pas si mal dans la cité du Popo.

ARSENE KANGA

(CORRESPONDANT REGIONAL

 

                                                        

 

Évaluer cet article
(0 votes)
Écrit par  Redaction Web
Lire 989 times Dernière modification le mercredi, 13 juillet 2016 12:18