Tourisme et hôtellerie: ‘’Seulement 12,27% des structures ont un acte administratif’’

Tourisme et hôtellerie: ‘’Seulement 12,27% des structures ont un acte administratif’’

mardi, 03 janvier 2017 16:32
Le ministre du Tourisme Roger Kacou, résolu à faire de ce secteur l’un des piliers de l’émergence de la Côte d’Ivoire. Le ministre du Tourisme Roger Kacou, résolu à faire de ce secteur l’un des piliers de l’émergence de la Côte d’Ivoire. Crédits: DR

Roger Kacou, ministre du Tourisme, animant une conférence-bilan de l’exercice 2016, a réitéré l’embellie du secteur amorcée depuis trois années, mais a toutefois émis des écueils.

Tourisme et hôtellerie: ‘’Seulement 12,27% des structures ont un acte administratif’’

Réunissant à son cabinet d’Abidjan-Plateau, la veille de la saint-sylvestre, les médias et ses collaborateurs, le ministre du Tourisme, Roger Kacou, a fait le bilan de l’exercice écoulé, autour de quatre axes principaux: l’assainissement de l’environnement du secteur touristique; l’amélioration de l’offre de service; l’amélioration de la visibilité du pays et de la promotion de la destination ivoirienne et les perspectives pour 2017.

S’il ressort, largement, que « le bilan est positif et au-delà des prévisions », avec une contribution au Pib qui tourne autour de 5% selon la Banque mondiale (4.8% en 2015), le ministre note, toutefois, qu’il y a un effort supplémentaire à fournir pour être aux standards internationaux et atteindre pour 2020, l’objectif pour la Côte d’Ivoire d’être « la 1ère destination ouest-africaine ».

Au chapitre donc de l’amélioration de l’offre de service et, plus spécifiquement, en ce qui concerne les actions développées pour la mise en conformité, « les opérations de contrôle des établissements de tourisme ont montré que sur 2142 établissements visités, seulement 263 disposent d’un acte administratif, soit 12,7% ».

Second bémol de l’année écoulée, les discussions qui achoppent sur la révision à la hausse de la Taxe de développement touristique (Tdt), passant de 1,5% à 4% voire 6% et qui devrait renflouer les capacités opérationnelles du Fonds de développement touristique (Fdt) au profit des opérateurs et dont la réforme entamée en 2016 devrait s’achever cette année.

D’autant plus que si la mise en conformité, le classement et autres mesures d’assainissement sont menés à terme, avec en ligne de mire, une inversion copernicienne des 12,7% susmentionnés, le secteur du tourisme se verrait renfloué d’une véritable manne financière pour son développement en phase avec ses ambitions. Car, Roger Kacou fait ressortir, au sujet de l’offre: « 2384 établissements d’hébergement contre 2041 en 2015 ; 3040 établissements de restauration contre 3000 en 2015 ; 376 agences de voyage contre 475 en 2015 ; 500 attraits et curiosités touristiques… ».

Par ailleurs, en plus des investissements de l’ordre de 112 milliards de Fcfa en 2015 et dont l’achèvement des travaux est en cours, on note pour 2016, des investissements supplémentaires de plus de 60 milliards de Fcfa. Avec à la clé, plus de 3000 emplois directs et 9000 indirects.  Bien plus, avec l’ouverture prochaine, d’enseignes de renom, la formation devient un enjeu stratégique pour le secteur, au dire du ministre du Tourisme. Aussi, se félicitant des initiatives privées, avec notamment, l’ouverture de l’école hôtelière de Grand-Bassam avec des établissements marocain et suisse de référence, il précise que son département a renforcé les capacités des acteurs par la formation de 50 étudiants au Maroc contre 44 l’année précédente; l’opérationnalisation du Centre d’application aux métiers du tourisme et de l‘hôtellerie de Daoukro et l’organisation de stages de formation en Inde pour 9 contre 8 en 2015 de fonctionnaires du ministère.


Plan cadastral d’Assinie, Compte-satellite, gouvernance des structures sous-tutelle, Relais-paillotes…

S’il y a des actions vigoureuses et d’envergure qui ont été menées en 2016 et dont les fruits et usufruits devraient se faire jour en 2017, à en croire Roger Kacou, aux fins d’accroitre les statistiques de quelque 1,4 de touristes internes et externes, ainsi que les 350 milliards de Fcfa de chiffre d’affaires, ce sont bien « le Plan cadastral d’Assinie, l’élaboration du compte-satellite du tourisme, l’amélioration de la gouvernance des structures placées sous-tutelle du ministère du Tourisme ».

Mais avant de plancher sur ces actions, Roger Kacou a tenu à indiquer que le projet des Relais-paillotes, établissements d’hébergements à proximité des sites et incluant une approche durable, communautaire et inclusive dans les différentes régions du pays, devrait débuter avant la mi-janvier avec le projet-pilote de Jacqueville. Étant entendu que les études préalables sont achevées, les financements de l’ordre de 1,3 milliards de Fcfa bouclés, les droits coutumiers et autres purgés.

Revenant sur le Plan cadastral d’Assinie qui a été conduit par le Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd), en 2016, il fait ressortir beaucoup de dysfonctionnements quant à l’exploitation de ce site de 6692 hectares dont 10% pour l’espace bâti, 27,4% pour les plans d’eau et 62,6% pour les espaces naturels, déclaré depuis 1970 par décret, « Zone d’intérêt touristique prioritaire et protégée ».

Selon le ministre, en collaboration avec d’autres départements ministériels, de l’ordre sera mis à Assinie, en ce qui concerne l’attribution de titres fonciers et autres autorisations à même de conférer pleinement selon les textes, toute sa vocation à cette zone. Il en est de même des zones touristiques de l’île Boulay, de Jacqueville et de San Pedro des plans cadastraux seront mis à l’étude en 2017. Toutes choses qui vont de pair avec le Compte-satellite du tourisme logé au Bnetd depuis 2015 et qui permettra de mesurer avec efficience l’impact du secteur et des statistiques fiables à sa contribution à l’économie nationale.

Dans la même veine, le premier responsable de l’industrie touristique indique qu’au regard des recommandations de l’Inspection générale de l’État, une amélioration de la gouvernance des structures sous-tutelle de son département ont été entreprises en 2016. Notamment en ce qui concerne la Société des palaces de Cocody (Spdc) et la Société de développement touristique de la région des Lacs (Sodertour-Lacs).

Bien plus, en ce qui concerne l’Ivoire Golf Club à Abidjan-Riviera, des négociations sont en cours pour sa réhabilitation et une concession de gestion à un groupe d’investisseurs privés dans le cadre du partenariat public-privé (Ppp).


De la police touristique

Avant de partager son optimisme quant à un secteur encore plus florissant en 2017, le ministre Roger Kacou a indiqué qu’il importe de poursuivre les actions de promotion de la destination à l’international, tout en boostant celles endogènes, afin de faire du tourisme, secteur transversal, un des piliers de l’émergence de la Côte d’Ivoire. Et ce, s’appuyant sur une implication plus accrue des populations qui devrait être au diapason des mesures sécuritaires renforcées au lendemain de l’attaque terroriste de Grand-Bassam, en mars 2016, plus grande zone d’ombre de l’année écoulée. Avant d’annoncer que la mise sur pied de la brigade de police touristique connaîtra un début de mise en œuvre en 2017.

REMI COULIBALY

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Écrit par  REMI COULIBALY
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